* Non, J.C. Marcourt n'est pas "isolé"
Envoi N° 247 du 26/01/2012
Non, J.C. Marcourt n’est pas « isolé »

C’est « Le Soir » qui l’écrit. En pages 2 et 3 de son édition de ce mercredi, il titre : "Régionaliser l’école : Marcourt est isolé ".
Voilà un constat bien catégorique. Certes, dans tous les partis, y compris dans celui de l’intéressé, des voix se sont élevées, « atterrées », « en colère », « inquiètes », que sais-je encore.
C’est que le Ministre wallon de l’Economie a drôlement bousculé le « politiquement correct », en même temps qu’il annonçait, sans le moindre complexe, sa participation à des groupes de réflexions sur l’avenir de la Wallonie.
Un remue-ménage spectaculaire avait déjà été la manifestation d’un grand émoi après l’interview parue dans «La LibreBelgique » du samedi 14 janvier. On y apprenait que ce que l’on appela aussitôt « Plan W » faisait l’objet des travaux de ces groupes. Un « plan W » qui, en raccourci, apparaissait comme l’amorce d’une vision radicalement autonomiste de la Wallonie.
Et, dans la foulée, Jean-Claude Marcourt disait sa conviction qu’il fallait « déconstruire » la Communauté française (ou Fédération Wallonie-Bruxelles, au choix)- et la « reconstruire » ajoutait-il immédiatement.
Alors là, c’était trop.
Et ce fut l’explosion de l’indignation de ces messieurs-dames devant pareil sacrilège. On n’y alla pas avec le dos de la cuiller et l’honnêteté intellectuelle ne fut pas la qualité essentielle des vociférations.
On remit à l’honneur tous les poncifs agités depuis des années contre qui met en doute l’excellence du paysage institutionnel de cette « Belgique, oh, oh mère chérie ». D’autant plus qu’il avait fallu tellement de mois de négociations pour bricoler la 6ème réforme de l’Etat !
Deux accusations ont recommencé à fournir la trame des discours vengeurs : la volonté d’un « repli wallon » et celle d’une « rupture de la solidarité avec Bruxelles ».
Pas question de s’étonner : il suffit de suggérer, timidement, que la Wallonie devrait prendre en main son destin pour que soient brandis ces motifs d’excommunication.
Nous avons, dans nos rubriques, combattu à de multiples reprises la mauvaise foi qui caractérise pareils « arguments ».
En quoi l’ambition de donner aux Wallonnes et Wallons la maîtrise de leur destinée peut-elle s’assimiler à un « repli frileux » ? N’est-ce pas, au contraire, la seule attitude permettant à la Wallonie de s’affirmer sur la scène internationale, en toute dignité ?
Quant aux relations privilégiées avec Bruxelles, nécessitent-elles l’existence d’une structure boiteuse, totalement artificielle et incomprise par l’immense majorité de la population ? Des accords solides entre 2 Régions respectueuses l’une de l’autre, conscientes des liens historiques et sociologiques qui les rapprochent, ne rempliraient-ils pas cette fonction à la satisfaction générale ?
N’est-il pas quelque peu humiliant pour les Bruxellois d’être considérés comme dépendants du « soutien » wallon ? Lequel, d’ailleurs, n’a jamais fait défaut et ne risque pas de l’être – pas un mot de Jean-Claude Marcourt ne va dans ce sens ?
L’affaire s’était tassée dans les jours qui suivirent. Un cessez le feu avait-il été conclu, en coulisses, pour apaiser les esprits ?
Que nenni ! Jean-Claude Marcourt n’avait nullement été muselé. Et, le mardi 24 janvier, dans Le Soir, cette fois, il remettait ça, mais en plus costaud encore : il précisa, tout net, que l’enseignement devait être régionalisé car il est « un élément fondamental » de développement de la société en Wallonie !
Alors, là, mes aïeux ! Le charivari de protestations atteignit des sommets. Ce qui, comme nous l’écrivions au début cet article, fut considéré par la rédaction du « Soir » comme une preuve d’isolement du ministre téméraire.
Nous ne pensons pas que Jean-Claude Marcourt fut perturbé le moins du monde par un sentiment d’isolement. N’a-t’il pas eu ces paroles de sagesse, dans le cours de l’interview : « J’ai une vraie conviction de l’urgence, une vision de l’avenir de ma région, j’en suis dépositaire et responsable. Et puis,si on limite le débat aux partis, on l’émasculera forcément ». Et vlan !
De toute manière il sait fort bien que ses propos, sa prise de position courageuse, on été accueillis avec enthousiasme par tout ce que compte la Région comme partisans de l’émergence d’une Wallonie affirmant sa fierté, sa dignité, son droit à être reconnue comme telle et non comme vouée à la tutelle de quiconque.
En ces moments, nous avons été frappés par une évidence : Jean-Claude Marcourt a répondu aux attentes, aux espoirs et aux désirs exprimés voici plus d’un an, le 22 novembre 2010, à Charleroi, lors de l’Assemblée wallonne mise sur pied par le Mouvement du Manifeste Wallon (MMW).
Nous nous ferons un plaisir, dans une prochaine « Réflexion » de rafraîchir les souvenirs à ce propos et de les mettre en regard du « projet wallon » à l’élaboration duquel travaillent Jean-Claude Marcourt, ses amis et des personnalités diverses, dans ce groupe de réflexion dont il annonce la création « au premier semestre 2012 ».
Pour tout de suite, en somme.
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