* Le wallon à l'école : Martine Aubry fera-t-elle des émules en Wallonie ?
Envoi N° 246 du 08/12/2011
Le wallon à l’école
Martine Aubry fera-t-elle des émules en Wallonie ?
Bon nombre de nos lectrices et lecteurs connaissent, sans doute, la revue trimestrielle de l’Union Culturelle Wallonne : Cocorico. Pour qui l’ignorerait, précisons donc qu’elle se qualifie, sans la moindre équivoque :« Magazine du bilinguisme wallon ».
Son numéro d’automne vient de paraître. L’éditorial est dû à un ardent partisan de la remise en honneur des langues régionales (gaumais, picard, wallon) par le biais de l’enseignement scolaire : Marcel Slangen.
Aussi ne doit-on pas s’étonner s’il base son éditorial sur la rentrée des cours de langue et de littérature wallonne de la ville de Liège. C’est d’ailleurs lui qui a prononcé le discours de rentrée, repris dans Cocorico sous le titre « Le wallon a repris le chemin de l’école »
Nous avons lu le texte de sa conférence avec un intérêt et un plaisir croissants. Le thème en était la nécessite de « penser wallon » pour le parler et l’écrire correctement. Avec la verve qu’on lui connaît, se servant d’exemples pris sur le vif, Marcel Slangen expose, en fait, la richesse insoupçonnée d’une langue possédant sa propre grammaire, même si les subtilités de celle-ci sont émises par ses locuteurs sans qu’ils le sachent, la plupart du temps.
Le passage sur l’emploi tout à fait usuel du subjonctif imparfait nous a fait revivre certaines scènes vécues sur des chantiers de construction et dans des exploitations agricoles de l’Entre-Sambre et Meuse. Ouvriers, patrons, cinsîs, bûcherons, cabaretiers jonglaient avec les conjugaisons wallonnes avec d’autant plus de sûreté et de naturel qu’ils les avaient apprises, par voie orale, de parents et grand parents ne montrant guère de dispositions pour comprendre la concordance des temps en français et ignorant bien évidemment qu’ils utilisaient une forme verbale d’une remarquable subtilité linguistique.
Nous nous ferons un plaisir de revenir prochainement sur ce texte chaleureux et plein de bon sens.
L’objet de notre billet porte, en effet, aujourd’hui, plus particulièrement sur les conclusions de l’éditorial de Marcel Slangen. Citons :
« Des décrets de la communauté française autorisent depuis longtemps l’introduction du wallon à l’école, mais aucun arrêté d’exécution n’a jamais vu le jour. Quelques députés, aujourd’hui, semblent y croire et comme c’est seulement d’une décision politique que peut se réaliser le projet d’enseignement du wallon à l’école, nous sommes prêts à les soutenir ».
Et oui, il suffirait d’un peu de bonne volonté politique….
Et cela tombe bien….car chez nos voisins français, une dirigeante éminente du parti socialiste a osé, au cours des « primaires » de ce parti pour la désignation de son candidat aux élections présidentielles, émettre une proposition étonnante :
Trouvé sur le site : www.ouest-france.fr
Langue bretonne : Martine Aubry au créneau

La candidate à la primaire du PS propose un enseignement obligatoire du breton, sauf si les parents expriment clairement leur désaccord.
Martine Aubry, dans la semaine qui précède le premier tour de la primaire du PS, s'exprime clairement en faveur de l'enseignement du breton. Elle préconise même, là où une langue régionale est pratiquée, son enseignement presque obligatoire sous la forme d'un apprentissage français/langue régionale. La proposition de Martine Aubry est précise : cet enseignement sera la règle « sauf désaccord express des familles ».
Pour la maire de Lille, ce renforcement de l'identité régionale ne peut que renforcer la République. Et l'enjeu n'est pas seulement culturel. « Il est devenu évident qu'on défend mieux la République française quand on la vit dans son territoire, avec sa culture. Et c'est parce que je défends avec ardeur l'idéal républicain que je défends la diversité culturelle de la France et des Français », poursuit Martine Aubry, qui rejette vertement l'idée selon laquelle le développement des langues régionales viendrait fissurer l'unité nationale. C'est même, pour elle, tout le contraire. « L'unité de la France doit-elle passer par l'uniformité ? », demande-t-elle.
Une nouvelle compétence régionale
Voilà pour l'objectif. Quant aux moyens, Martine Aubry fait une proposition. Jugeant qu'il reste sans doute illusoire de laisser à l'État l'apprentissage des langues régionales, elle propose d'en faire une compétence nouvelle des Régions. Avec la suite logique : « Bien évidemment, les décisions des recteurs d'académie devront s'articuler avec cette politique régionale ».
Les propositions de Martine Aubry s'inscrivent dans une volonté forte de décentralisation. Et si elle s'installe à l'Élysée en 2012, elle promet de nouvelles avancées pour donner plus de poids aux Régions.
À moins d'une semaine du premier tour de la primaire socialiste, la prise de position de Martine Aubry ne manque pas, non plus, de calcul politique. Elle s'adresse en particulier aux électeurs bretons dans une région ou François Hollande, le favori des sondages, peut s'appuyer sur le soutien de pas mal d'élus du Parti socialiste. Ce n'est pas d'ailleurs le seul dossier « régional » à faire irruption dans les primaires du PS. Hier, après Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, autre candidat à la candidature socialiste, a réclamé que le dossier du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, soit à nouveau étudié, et même « depuis le début ».
Didier GOURIN.
Bon, d’accord que Martine Aubry voulait gagner des sensibilités bretonnes dans sa course à l’investiture.
Mais, précisément, cela signifie que cette prise de position était jugée porteuse par la grande dame de Lille !
Cela ne vous donne pas des idées, ami Marcel Slangen ?
"Vivre en Wallonie" ASBL


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