* L'avenir wallon s'écrit (aussi) à Sambreville

Envoi N° 245 du 05/10/2011

 

L’avenir wallon s’écrit (aussi) à Sambreville

 

Il fut un temps, pas bien lointain, où il était de bon ton de se gausser de la Wallonie. Bien que des signes indiscutables de redressement économique soient apparus, il semblait que, pour certains, l’image d’une région sinistrée, en pleine agonie, devait se perpétuer jusqu’à la fin des siècles.

 

Lorsque le Gouvernement wallon de l’époque mit au point et fit connaître son « Contrat d’avenir pour la Wallonie », on en fit des gorges chaudes dans les rédactions de certains quotidiens. Le « plan Marshall », qui précisait et budgétisait les axes d’action du « Contrat », reçut un accueil à peine plus poli, malgré l’effort financier énorme qu’il représentait pour les contribuables wallons.

 

De premiers résultats significatifs  ne tardèrent pas cependant à s’accumuler, amplifiés, ensuite,  par le « plan Marshall 2 vert ». Plus aucun doute n’était permis, désormais. Les pôles de compétitivité étaient des réussites, mettant en commun les potentialités du monde industriel, des universités, le tout épaulé efficacement par les pouvoirs publics

 

Aujourd’hui, le « rebond » de l’économie wallonne est une réalité. Tous les indicateurs sont au vert. Il ne reste plus guère que quelques esprits grincheux et de mauvaise foi pour encore voir en la Wallonie un pays à la dérive et pour continuer à nier ses succès.

 

L’aspect le plus édifiant de ce renouveau est sans doute l’implantation successive en territoire wallon de centres de recherches prestigieux par des multinationales d’importance mondiale, ainsi que d’infrastructures logistiques destinées à rayonner sur le continent européen.

 

Dans le même temps, le Gouvernement wallon a mis sur pied d’autres instruments, nettement moins spectaculaires, dont le but est de favoriser une participation active et créatrice, en profondeur, des forces vives sur le plan local. Il concrétisait de la sorte la volonté martelée à maintes reprises par les décideurs politiques de faire de chaque citoyen un acteur de la renaissance en cours.

 

Les Agences de Développement Local : des outils de proximité

                     

C’est dans ce cadre que se situent les Agences de Développement Local d’ores et déjà présentes à pied d’œuvre dans une cinquantaine d’entités communales wallonnes.

 

Ces ADL jouent le rôle de chefs de file de projets concernant une ou plusieurs entités dont le chiffre de population ne dépasse pas 40.000 habitants. On le voit, il s’agit véritablement d’outils de proximité chargés de susciter et d’épauler des initiatives du type PME et TPE. (Petites et Moyennes Entreprises- Très Petites Entreprises).

 

Pour décrire simplement les tâches des ADL, disons qu’elles doivent, en premier lieu, dresser l’inventaire des points forts et des faiblesses du territoire envisagé. Cela va des particularités géographiques jusqu’aux groupements et association locales, en passant par les moyens de communication, les disponibilités de main d’œuvre, les caractéristiques environnementales, les atouts touristiques et … les ressources financières éventuelles.

 

D’autre part, les ADL doivent avoir une vision  complète de la panoplies d’aides européennes et régionales disponibles dans un cadre de développement durable – ainsi que des organismes à la porte desquelles il faut frapper pour en être bénéficiaires

 

Naturellement, les ADL sont en étroite liaison avec le pouvoir communal et apportent leur concours à l’élaboration de plans communaux de développement auxquels se référeront les auteurs de projets.

 

Afin d’illustrer l’efficacité de ces outils de développement, nous nous pencherons sur une ADL active dans un coin de Wallonie particulièrement massacré par les mutations industrielles qui marquèrent la seconde moitié du siècle dernier : la Basse-Sambre et, plus précisément, l’entité communale de Sambreville.

 

Un événement déclencheur fut la création, sur le territoire d’Auvelais, de l’entreprise NANOCYL, il y a 9 ans de cela.

 

Nanocyl : une démonstration éclatante d’audace triomphante

 

 

Destin prodigieux que celui de NANOCYL, solidement ancrée dans le créneau en pleine expansion de « l’infiniment petit » - comme son nom l’indique. Le produit développé et commercialisé par NANOCYL est constitué par des nanotubes de carbone. Lesquels sont utilisés notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale, dans l’industrie électronique ainsi que dans des applications chirurgicales.

 

Les nanotubes de carbone se caractérisent par leur résistance (100 fois plus que l’acier) et leur légèreté (2 fois moins que l’aluminium). Leur champ d’application ne cesse de s’élargir. Aujourd’hui, l’entreprise auvelaisienne a évolué jusqu’à devenir une petite multinationale. Elle figure parmi les 3 principaux acteurs internationaux dans ce secteur extrêmement pointu et ambitionne d’en devenir le numéro 1 mondial.

 

Elle  est née sur la base de recherches menées dans les laboratoires des universités de Namur et de Liège. La petite « spin off » occupait 5 chercheurs, à ses débuts. Elle est passée à une échelle industrielle avec la construction d’une unité de production à Sambreville en 2008 et emploie à présent 45 travailleurs.

 

 

La création d’un hall relais par le BEP dans le cadre du programme européen Urban a permis à Nanocyl de se localiser à Sambreville. Michel Falesse a eu, ce faisant, la confirmation de ce que « Tout territoire a un potentiel », formule qui constitue le credo fondamental des ADL.

 

C’est dans cet esprit que vit le jour l’Agence de développement de Sambreville. Michel Falesse fut détaché de l’administration communale pour la prendre en main, avec la collaboration d’un attaché, Laurent Warnon, en charge des relations avec les entreprises et de la communication.

 

Le dynamisme de ce duo, profondément ancré dans la vie de l’entité, n’a pas tardé à porter ses fruits.

 

Une deuxième vie pour des sites miniers

 

 

Ainsi, un espace industriel est d’ores et déjà prêt a accueillir un pôle de petites entreprises notamment spécialisées dans l’agroalimentaire.

 

Il s’agit d’un terrain ayant appartenu au charbonnage de Ste Eugénie, complètement rasé depuis pas mal d’années. Le cadre est bucolique : une vaste étendue herbeuse descend en pente douce vers deux étangs dont le pittoresque est agrémenté de quelques bouquets d’arbres. La possession de ces 2 pièces d’eau est le fruit d’un accord avec un propriétaire privé, les auteurs du projet global ayant à cœur de favoriser la beauté environnementale du site.

 

 

En bordure  du terrain, sur 2 côtés, l’horizon est constitué d’un massif boisé grimpant à l’assaut d’un très ancien terril, lequel  disparaît, de ce fait, sous un couvert dense de verdure. A l’extrême pointe, en plein ciel, la mignonne petite église du hameau de la Praîle, dresse son clocher comme une sentinelle veillant à la tranquillité des lieux.

 

Le succès de l’entreprise (dont le pouvoir subsidiant est le Service Public de Wallonie (SPW) et le pouvoir adjudicateur le Bureau Economique de la Province de Namur (BEP), est déjà au rendez-vous : sur 17 parcelles offertes aux investisseurs, 10 ont déjà trouvé acquéreurs !

 

Un autre site minier désaffecté est destiné, lui aussi, à remplir de nouvelles fonctions, celles de zone de développement. Il s’agit de terrains occupés jadis par le charbonnage de Bonne Espérance, à Moignelée. Situé en bord de Sambre, il dépend du Port Autonome de Namur. Il a désormais pour vocation de devenir un centre industriel de biotechnologie, basé sur l’exploitation forestière.

 

D’autres friches industrielles sont encore disponibles, dont un terrain appartenant à la Société St Gobain. Il faudra cependant attendre quelque temps, une dépollution des sols étant indispensable.

 

Précisons que l’ADL de Sambreville est gestionnaire journalière d’un bâtiment coquet, au nom bien ciblé, « Créasambre », accolé à l’une des entrées de l’actuelle entreprise verrière de St Gobain. Le propriétaire en est la Bureau Economique de la Province de Namur.

 

           

 

Créasambre abrite les locaux de l’ADL, ainsi que d’autres organismes. Sa fonction est résumée par les termes bien connus de « pépinière d’entreprises ». Les petites et très petites entreprises de Sambreville peuvent y disposer de bureaux à loyer modique, de salles de réunions et de conférences.

 

Des projets de ce genre, et d’autres à vocation touristique ou agricole, on peut en découvrir, sans aucun doute, aux 4 coins de la Wallonie. Mais il nous a semblé que le cas de Sambreville, étant donné un récent passé calamiteux, avait un caractère exemplatif.

 

Et nous serons toujours heureux de nous intéresser à des projets et réalisations administrant la preuve de la volonté de développement durable qui anime les  responsables communaux et, de façon plus générale, l’ensemble des citoyennes et citoyens de Wallonie.

 

Adresse de contact :

ADL de Sambreville

Créasambre

Rue des Glaces nationales, 169

5060 Sambreville

www.sambreville.be/adl

Michel Falesse

mfalesse@hotmail.com

0491/743.868

Laurent Warnon

laurentwarnon@gmail.com

0485/874.850

« Vivre en Wallonie » ASBL


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