* Rudy le Picard : les Wallon(ne)s vous disent un GRAND MERCI !

Envoi N° 222 du 04/03/2010


Rudy le Picard : les Wallon(ne)s vous disent un GRAND MERCI !



Personne ne s'y attendait, bien sûr... L'interview de Rudy Demotte, Ministre -président wallon, est apparue dans les pages intérieures des journaux du Groupe Sud- Presse (en page 13, par exemple, de la « Nouvelle Gazette - Charleroi ), le 1er mars.


Heureusement, la radio RTBF de proximité, « Vivacité » a pris l'information de volée et en a fait le thème de son émission « C'est vous qui le dites ! » de 9 à 11 h.


Avec un Benjamin Maréchal absolument génial dans son maniement de la répartie et son don d'interprétation des messages transmis par l'auditorat. Ses exégèses réalisées à chaud ne sont pas des modèles d'intégrité intellectuelle mais on connaît Benjamin et l'on devine, d'office, ses préférences de même que ses rejets idéologiques, qu'il masque fort bien, pour les non initiés, sous son rôle d' « avocat du diable ». Cela en devient même amusant après quelques mois de pratique journalière de « Vivacité ».


Par contre, tant que nous y sommes, nous regrettons vivement le débit vocal avec lequel la collaboratrice de Benjamin Maréchal propulse ses analyses au micro. L'auteur de ces lignes, d'origine paysanne namuroise, éprouve les pires difficultés à suivre ces phrases éjectées furieusement comme des balles de mitraillette. Dommage... parce que ce que ce nous parvenons à extraire de ces avalanches de borborygmes nous paraît fournir des essais, à vif, particulièrement bien foutus en matière de synthèse des messages reçus. Encore faut-il avoir le temps de les entendre et de les assimiler. Il est vrai que l'on ne peut plaire à tout le monde
.


Après cette (trop) longue digression à propos de nos habitudes radiophoniques, que nous considérons comme nettement plus enrichissantes que leurs consoeurs télévisuelles, nous en revenons à cette interview de Rudy Demotte, parue le 1er mars dans les journaux du Groupe Sud Presse.


Le thème lui-même, dans sa simplicité, nous est atterri en plein visage comme un pavé de barricade : l'identité wallonne.


Pour les anciens militants de la cause wallonne, blanchis sous le harnais, que nous sommes, les propos de Rudy Demotte, son projet de militance pour l'affirmation et l'ancrage d'une identité wallonne, sa vision d'un sentiment identitaire élément essentiel du développement économique wallon, tout ce contexte culturel mis au service de la Wallonie d'aujourd'hui et de demain, nous émeut, nous enthousiasme, nous surprend, aussi.


Bien sûr, Monsieur le Ministre Président, qu'il faut parler de « Wallonie » et non de « Région wallonne ».


En toute modestie, nous nous permettrons de faire remarquer qu'en ce qui concerne notre organisation « Vivre en Wallonie », le virage a été pris depuis belle lurette. En son temps, nous avons même écrit un billet à propos de ce que l'on dénommait, de façon saugrenue (nous parlons de sport cycliste) le « le Tour des Régions wallonnes » ! Au cours des années qui ont  suivi, les appellations ont changé et nous ne savons si, enfin, les termes « Tour de Wallonie » ont pris définitivement le dessus.


Les prises de position de Rudy Demotte devraient drôlement clarifier la situation, balayer les sottises sémantiques, peureuses, sournoise ou hypocrites, qui ne visent, en fin de compte, qu'à maintenir la Wallonie dans un statut de sous- région en débilité chronique, sans existence ni avenir propres. A nier la Wallonie. Avec une variante à peine moins avilissante : ne voir son devenir que dans le rattachement à la France. Ce n'est pas le pire, bien sûr. Mais ce n'est pas non plus un destin très glorieux pour un peuple et une nation, que de chercher sa survie sous l'aile protectrice -et paternaliste, bien entendu, sinon condescendante- d'un puissant voisin. C'est cela que l'on appelait des « protectorats », non ?


Rudy Demotte a dit clairement qu'il ouvrait le débat sur la définition et l'affirmation de l'identité wallonne.


Notre association s'inscrit avec enthousiasme dans cette démarche. Elle répond à nos vœux les plus chers. Nous supposons qu'elle donnera lieu à de multiples échanges de vue, dans les mois à venir.


Mais, d'ores et déjà, nous osons lancer une de nos banderilles, à la suite de nos relations journalières avec les jeunes, filles et garçons.


C'est dès l'école primaire qu'il faut faire connaître la Wallonie aux Wallonnes et Wallons. C'est par les jeunes que l'on peut parvenir, le plus rapidement, à apprendre aux parents qu'ils sont citoyennes et citoyens d'un pays qui s'appelle « Wallonie ».


A l'heure actuelle, aucune classe de cours, en Wallonie, tous réseaux, tous niveaux confondus, n'expose sur ses murs une carte de Wallonie. Et nous tenons le pari de dire qu'un sondage d'opinion, en profondeur et non  par téléphone fixe comme relais, dans les établissements scolaires du cycle secondaire, montrerait une méconnaissance quasi absolue de la Wallonie, de son territoire, de sa capitale, de ses villes principales. Et nous ne parlons même pas de son histoire car, de ce côté, c'est, tout simplement, le désert intégral.


Nous livrons ces premières réflexions aux collaborateurs et collaboratrices du Ministre- Président. Et nous nous tenons à leur disposition pour participer activement à l'animation du débat à venir.


L'Identité wallonne constitue un sujet vital, prioritaire de notre association. Nous avons, croyons-nous, des choses à dire à ce propos.

 « Vivre en Wallonie » ASBL


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