* Energies renouvelables (2) : Les moulins de nos ancêtres ont trouvé des successeurs

Envoi N° 220 du 25/02/2010

Energies renouvelables : la Wallonie investit (2)

Les moulins de nos ancêtres ont trouvé des successeurs


Nous l'annoncions dans notre précédent billet de « Réflexions » : nous allons baguenauder parmi les divers secteurs d'activité qui constituent le territoire d'investigation et de réalisations de la cellule « Energies renouvelables » de la Société Régionale  d'Investissement (SRI), organisme créé par la Région wallonne.


Rappelons que le but de cette cellule (comme celui de la SRI) est d'offrir un soutien à des initiatives déjà mises en chantier ou à des projets.


Si l'on s'intéresse à l'engouement évident, et même spectaculaire, que provoquent ces modes d'énergies, on en vient, tout naturellement, à condition de faire preuve d'honnêteté intellectuelle, à constater, avec beaucoup de modestie, que le XXIème siècle n'a rien inventé. Ou pas grand-chose.


Cela n'enlève rien au mérite de celles et de ceux qui, depuis des décennies, militent ardemment pour une orientation énergétique respectueuse de l'environnement et utilisatrice de richesses offertes gratuitement et généreusement par la nature.


A l'heure actuelle, les éoliennes ont conquis leur droit d'existence dans la plupart de nos régions. Ce ne fut pas sans mal. Nous connaissons, dans une certaine frange de notre population, le fameux phénomène NIMBY développé avec une acuité frisant le ridicule :


« Magnifiques, les éoliennes, qui se contentent de répondre à la circulation du vent pour produire de l'électricité. Mais devant mes fenêtres (c'est à dire à 3 kilomètres, pour le moins), quelle horreur, quelle destruction paysagiste ! Pas de ça non seulement dans mon jardin, mais même dans mon horizon éloigné ! »


Nos ancêtres, nos aïeux n'avaient pas cette même perception. Les moulins à vent, lorsque leurs immenses ailes brassaient l'air, étaient signe de vie.
C'était le grain que broyaient les meules actionnées par d'ingénieuses transmissions,

sous la poussée du vent dans les  empennages des ailes des moulins. Et il en sortait la farine, pour les gens, le son, pour les cochons. La nourriture, cet élément fondamental de la vie.


Nous ne nous étendrons cependant pas sur l'aspect « éoliennes ». Tout simplement, comme le disent, en toute sincérité, les personnes occupées à la SRI Energies renouvelables, ce secteur n'a pas besoin d'eux. Il est en progression fulgurante et fait l'objet d'une multitude de projets industriels.


Le seul regret que l'on puisse exprimer c'est que la conception et la fabrication des installations ne fassent pas l'objet de réalisations de chercheurs et constructeurs wallons, la totalité des implantations provenant d'Allemagne ou du Danemark.


Abordons, par conséquent, un autre type de « moulins » comme il en exista des milliers en Wallonie, pendant plus d'un millénaire : les moulins fonctionnant avec la force motrice de roues à aubes. La SRI Energies renouvelables a pris en main cette énergie dont la dénomination moderne se résume dans le terme « hydroélectricité ».


La notion n'est pas nouvelle non plus. La production d'énergie à la faveur des cours d'eau peut même, au contraire, se revendiquer d'un glorieux passé. Pour quiconque s'y intéresse nous recommandons la lecture de quelques chapitres de l'ouvrage de l'historien Léopold Génicot « L'Economie rurale namuroise au Bas Moyen Age » - tome IV- La communauté et la vie rurales (Louvain la Neuve - Collège Erasme - 1995 - Bruxelles, Editions Nauwelaerts)


Nous comptons d'ailleurs, dans de futures annexes, reprendre quelques extraits de cet ouvrage. Afin de montrer que, durant des siècles, nos ruisseaux et rivières ont contribué au développement des activités humaines, qu'il s'agisse de produits alimentaires ou industriels.


Ce qui est réconfortant, c'est qu'un organisme comme SRI Energies renouvelables ait décidé de retourner aux sources pour remettre à l'honneur cette source inépuisable, constamment renouvelable d'énergie.


En l'adaptant, bien sûr, aux besoins multipliés de notre société humaine. En ne se contentant pas de moulins sur le ruisseau du Burnot, à Profondeville, mais en utilisant, par exemple, les barrages de la Haute Meuse namuroise.


Vous l'avez deviné : ce sera l'objet (entre autres) de notre prochain billet.


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