Apaisement communautaire ? Voire...
Envoi N° 178 du 12/09/2008
Comme dans un conte de fée…On était là à compter les coups, à enregistrer les diatribes, les propos menaçants, les chantages à peine voilés sur l’urgence de la grande réforme institutionnelle, le mépris insultant à l’égard des Bruxellois. La Flandre au grand méchant lion noir, tous crocs dehors, éructait ses certitudes de puissance invincible et ses appétits pour le territoire des sous- citoyens d’une Région bruxelloise inexistante dans les concepts flandriens.
Et puis, comme une brise fraîche sur les glacis sombres et hostiles des champs de bataille communautaires, sont venues les marques d’ouverture, de proposition de dialogue, de suppression des diktats. Même que les Bruxellois pouvaient être présents à la table de discussion – sans trop savoir, quand même, si c’était en tant que représentants de leur Région ou comme « Francophones », faut pas trop demander …
Bref, en l’espace de 24 heures, l’ouragan de force 4 était retombé au niveau d’un aimable petit vent parfumé, agréablement tiédi par le sourire affable de Kris Peeters, grand manitou du Gouvernement flamand.
Un miracle. Il est vrai que les rois mages intitulés « médiateurs royaux », appellation apaisante s’il en est, avaient apporté dans leurs bagages tout le matériel lénifiant destiné à entamer les négociations à venir comme un coït confortable et non comme un viol à la hussarde. Sans que l’on puisse préjuger des chances de réussite de l’accouplement, bien sûr. Une promesse momentanée de plaisir partagé ne constitue pas une garantie pour la viabilité d’un couple.
Bon…
On n’en revenait pas. Même si le contenu, le fondement des négociations à venir n’avaient pas changé d’un iota. Mais enfin, comme le chante Michel Sardou, c’est plus sympa de se faire traiter de con en chanson… C’est donc plus plaisant de dialoguer entre gens réputés respectables pour s’entendre dire que Bruxelles est flamand plutôt que recevoir en pleine figure le même message du pittbull De Wever.
Bref, on avait pris le virage en douceur. Page blanche, pas de date butoir, pas de tabous, tout le couvert nickel.
Le lendemain, patatras. Kris Peeters pète un câble, fait savoir que la délégation francophone au grand rendez-vous institutionnel ne lui plaît pas. A vrai dire, c’est son droit, à cet homme, d’éprouver des antipathies et de le manifester. D’ailleurs, côté « francophone », on relève à peine les propos dédaigneux de Peeters. On en a entendu d’autres, en pire. Et ce ne sont jamais que de minables giclées de fiel sans véritable portée politique.
Côté flamand, on n’apprécie pas. Quelle mouche a piqué Peeters pour l’inciter à émettre des doutes à propos de la crédibilité des futurs négociateurs de l’autre camp ? Et s’il parle au nom du Gouvernement flamand, faudrait quand même qu’il s’en réfère à ses amis et alliés. On a croisé le fer, au Nord. Mais les fleurets étaient mouchetés… encore bien !
Tout cela est anecdotique, voire puéril. L’essentiel, n’est-il pas de laisser les débats sur le grand chambardement communautaire mijoter jusqu’en juin 2009, la seule vraie « date- butoir » ? Par conséquent, faisons comme si tout le monde il est gentil.
N’empêche, pour les empêcheurs de « bèrdèler dins l’vûde », de parler pour ne rien dire (ces casse-pieds dont nous sommes), certaines choses ont été dites et doivent être rappelées même si cela rompt l’embellie inattendue de cette fin d’été.
Ce dont nous nous souvenons n’est pas si lointain. Il s’agit des réflexions au sujet, justement, des prises de position du Président du Gouvernement flamand, émises dans « Le Soir » du 3 septembre par Charles Picqué », Président de la Région bruxelloise.
Charles Picqué n’est pas un bateleur de fête foraine. Ses propos sont toujours le fruit d’une réflexion en profondeur. Il les distille avec mesure sans jamais tomber dans le style populiste ni gesticulatoire. Dès lors, dès qu’il émet une opinion aussi précise que celle que nous citons ci-après, il faut, absolument, en tenir compte :
« La détermination de la Flandre est telle que croire qu’on peut passer par des réformettes et que suivra une longue période de pacification communautaire relève du rêve ».
Eh bien, oui ! Malgré les sourires préélectoraux de Kris Peeters, le monde politique flamand, dans sa quasi- unanimité, exige des modifications en profondeur des structures de l’Etat, dans le sens du confédéralisme. Et il les obtiendra. Pourquoi feindre d’ignorer cette vérité première ?
Apaisement communautaire ? Voire…
Comme dans un conte de fée…On était là à compter les coups, à enregistrer les diatribes, les propos menaçants, les chantages à peine voilés sur l’urgence de la grande réforme institutionnelle, le mépris insultant à l’égard des Bruxellois. La Flandre au grand méchant lion noir, tous crocs dehors, éructait ses certitudes de puissance invincible et ses appétits pour le territoire des sous- citoyens d’une Région bruxelloise inexistante dans les concepts flandriens.
Et puis, comme une brise fraîche sur les glacis sombres et hostiles des champs de bataille communautaires, sont venues les marques d’ouverture, de proposition de dialogue, de suppression des diktats. Même que les Bruxellois pouvaient être présents à la table de discussion – sans trop savoir, quand même, si c’était en tant que représentants de leur Région ou comme « Francophones », faut pas trop demander …
Bref, en l’espace de 24 heures, l’ouragan de force 4 était retombé au niveau d’un aimable petit vent parfumé, agréablement tiédi par le sourire affable de Kris Peeters, grand manitou du Gouvernement flamand.
Un miracle. Il est vrai que les rois mages intitulés « médiateurs royaux », appellation apaisante s’il en est, avaient apporté dans leurs bagages tout le matériel lénifiant destiné à entamer les négociations à venir comme un coït confortable et non comme un viol à la hussarde. Sans que l’on puisse préjuger des chances de réussite de l’accouplement, bien sûr. Une promesse momentanée de plaisir partagé ne constitue pas une garantie pour la viabilité d’un couple.
Bon…
On n’en revenait pas. Même si le contenu, le fondement des négociations à venir n’avaient pas changé d’un iota. Mais enfin, comme le chante Michel Sardou, c’est plus sympa de se faire traiter de con en chanson… C’est donc plus plaisant de dialoguer entre gens réputés respectables pour s’entendre dire que Bruxelles est flamand plutôt que recevoir en pleine figure le même message du pittbull De Wever.
Bref, on avait pris le virage en douceur. Page blanche, pas de date butoir, pas de tabous, tout le couvert nickel.
Le lendemain, patatras. Kris Peeters pète un câble, fait savoir que la délégation francophone au grand rendez-vous institutionnel ne lui plaît pas. A vrai dire, c’est son droit, à cet homme, d’éprouver des antipathies et de le manifester. D’ailleurs, côté « francophone », on relève à peine les propos dédaigneux de Peeters. On en a entendu d’autres, en pire. Et ce ne sont jamais que de minables giclées de fiel sans véritable portée politique.
Côté flamand, on n’apprécie pas. Quelle mouche a piqué Peeters pour l’inciter à émettre des doutes à propos de la crédibilité des futurs négociateurs de l’autre camp ? Et s’il parle au nom du Gouvernement flamand, faudrait quand même qu’il s’en réfère à ses amis et alliés. On a croisé le fer, au Nord. Mais les fleurets étaient mouchetés… encore bien !
Tout cela est anecdotique, voire puéril. L’essentiel, n’est-il pas de laisser les débats sur le grand chambardement communautaire mijoter jusqu’en juin 2009, la seule vraie « date- butoir » ? Par conséquent, faisons comme si tout le monde il est gentil.
N’empêche, pour les empêcheurs de « bèrdèler dins l’vûde », de parler pour ne rien dire (ces casse-pieds dont nous sommes), certaines choses ont été dites et doivent être rappelées même si cela rompt l’embellie inattendue de cette fin d’été.
Ce dont nous nous souvenons n’est pas si lointain. Il s’agit des réflexions au sujet, justement, des prises de position du Président du Gouvernement flamand, émises dans « Le Soir » du 3 septembre par Charles Picqué », Président de la Région bruxelloise.
Charles Picqué n’est pas un bateleur de fête foraine. Ses propos sont toujours le fruit d’une réflexion en profondeur. Il les distille avec mesure sans jamais tomber dans le style populiste ni gesticulatoire. Dès lors, dès qu’il émet une opinion aussi précise que celle que nous citons ci-après, il faut, absolument, en tenir compte :
« La détermination de la Flandre est telle que croire qu’on peut passer par des réformettes et que suivra une longue période de pacification communautaire relève du rêve ».
Eh bien, oui ! Malgré les sourires préélectoraux de Kris Peeters, le monde politique flamand, dans sa quasi- unanimité, exige des modifications en profondeur des structures de l’Etat, dans le sens du confédéralisme. Et il les obtiendra. Pourquoi feindre d’ignorer cette vérité première ?
« Vivre en Wallonie » ASBL

