Non, les travailleurs flamands ne sont pas devenus fainéants !
Envoi N° 181 du 27/10/2008
En page 2 du « Soir » du 23 octobre :
« Premiers plans de licenciement dans l’industrie
Actuellement, le phénomène touche essentiellement la Flandre, mais il est tristement spectaculaire : depuis le premier octobre, les sept premières entreprises flamandes ont supprimé 2.200 emplois. Ce mardi, une nouvelle restructuration supplémentaire était annoncée : 700 emplois perdus auprès du constructeur automobile DAF.
Le phénomène s’est installé progressivement depuis plusieurs mois, au nord du pays. D’après le quotidien économique flamand « De Tijd », 5000 personnes auraient déjà perdu leur emploi depuis le mois de juillet »
Lorsque des travailleurs se retrouvent au chômage, en quelque endroit que ce soit dans le monde, c’est toujours un drame social pour les familles. Si, aujourd’hui, la Flandre subit des coups durs en matière d’emploi, cela ne peut réjouir personne. Par contre, cela pourrait peut-être inciter quelques personnages politiques flamands à opérer une courbe rentrante dans leurs discours.
Voilà des années que l’on affuble les Wallons, au nord du pays, d’épithètes aussi gracieuses que « fainéants », « parasites », « profiteurs », « assistés ».
Il paraît même que c’est une vraie culture politique en Wallonie. Pas plus tard que le lendemain, 24 octobre, toujours dans « Le Soir », Rudy Aernoudt déclarait, pour expliquer le point de son programme consistant à réduire dans le temps l’attribution d’allocations de chômage :
« C’est le modèle qui est vicié. Les partis, en Wallonie, protègent ceux qui ne travaillent pas ».
Rudy Aernoudt, c’est ce monsieur, compère de Jean-Marie De Decker (chef absolu de la liste du même nom, la LDD, qui, selon les sondages, fait un tabac en Flandre), qui s’est installé à Lustin et qui, des bords de Meuse, a annoncé qu’il se présenterait aux élections de juin prochain pour venir sauver la Wallonie de tous les maux qui l’accablent.
Qu’il ne se presse pas : il est fort possible que l’on ait besoin de ses précieux services là d’où il vient. On ne voudrait pas priver nos amis flamands d’une pareille compétence, d’un pareil preux chevalier hardiment lancé à l’offensive contre les chômeurs, ces paresseux qui déshonorent l’essor triomphant de la richesse économique flamande.
D’autant plus que, ces jours derniers, c’est une des institutions financières des plus prestigieuses qui est venue quémander la bagatelle de 3,5 milliards d’euros auprès de l’Etat belge : la KBC, cette banque qui se revendique fièrement de la nationalité flamande.
Désastreux pour l’image de marque, quand même. D’autant plus que les Aernoudt et De Decker n’ont pas assez de sarcasmes ni de propos pas très aimables à l’égard des institutions étatiques et de leurs fonctionnaires.
Faudra quand même bien qu’il y en ait, des fonctionnaires pour traiter le dossier KBC dont on nous dit, ce lundi 27 octobre, qu’il est sur de bonnes voies – quelle que soit, d’ailleurs, la forme qui sera donnée à ce coup de pouce généreux supplémentaire donné par les pouvoirs publics aux banques secouées par la tempête financière.
Pour en revenir aux chômeurs wallons paresseux, nous invitons respectueusement Rudy Aernoudt et toutes celles et tous ceux qui n’ont eu de cesse, depuis des décennies, de culpabiliser les Wallonnes et les Wallons pour les difficultés qu’ils tentent de surmonter, nous les invitons donc à faire preuve, dorénavant, de plus de modestie.
Les femmes et les hommes qui sont victimes de bouleversements économiques n’ont pas demandé à se retrouver sans travail, qu’ils soient Wallons, Flamands, Bruxellois, Italiens, Japonais ou citoyens des Etats-Unis d’Amérique. Ils ne font jamais que subir des décisions et des agissements sur lesquels ils n’ont aucune prise.
Ce fut le cas pour les fermetures de charbonnages, pour la douloureuse restructuration de la sidérurgie, ces plaies que la Wallonie a dû panser avant de se donner les moyens de remonter le courant, comme elle est occupée à le faire.
Les conséquences en profondeur du crash financier que nous connaissons aujourd’hui frappent les travailleurs flamands plus rapidement que d’autres, non parce qu’ils sont, tout à coup, devenus paresseux mais parce que la spéculation boursière s’est cassée la figure, entraînant le désastre auquel nous vivons et qui rejaillit, notamment, sur l’industrie automobile, un des principaux moteurs économiques de la richesse flamande.
Nous savons que la récession qu’entraîne la débâcle boursière risque fort de causer des dommages importants en Wallonie également, à plus ou moins brève échéance. Raison de plus pour témoigner notre sympathie et notre solidarité à l’égard de ces familles qui, en Flandre, vivent aujourd’hui dans l’inquiétude, le désarroi, la peur du lendemain. Pour des fautes commises par d’autres, dans les casinos de la spéculation.
Non, les travailleurs flamands ne sont pas devenus fainéants !
En page 2 du « Soir » du 23 octobre :
« Premiers plans de licenciement dans l’industrie
Actuellement, le phénomène touche essentiellement la Flandre, mais il est tristement spectaculaire : depuis le premier octobre, les sept premières entreprises flamandes ont supprimé 2.200 emplois. Ce mardi, une nouvelle restructuration supplémentaire était annoncée : 700 emplois perdus auprès du constructeur automobile DAF.
Le phénomène s’est installé progressivement depuis plusieurs mois, au nord du pays. D’après le quotidien économique flamand « De Tijd », 5000 personnes auraient déjà perdu leur emploi depuis le mois de juillet »
Lorsque des travailleurs se retrouvent au chômage, en quelque endroit que ce soit dans le monde, c’est toujours un drame social pour les familles. Si, aujourd’hui, la Flandre subit des coups durs en matière d’emploi, cela ne peut réjouir personne. Par contre, cela pourrait peut-être inciter quelques personnages politiques flamands à opérer une courbe rentrante dans leurs discours.
Voilà des années que l’on affuble les Wallons, au nord du pays, d’épithètes aussi gracieuses que « fainéants », « parasites », « profiteurs », « assistés ».
Il paraît même que c’est une vraie culture politique en Wallonie. Pas plus tard que le lendemain, 24 octobre, toujours dans « Le Soir », Rudy Aernoudt déclarait, pour expliquer le point de son programme consistant à réduire dans le temps l’attribution d’allocations de chômage :
« C’est le modèle qui est vicié. Les partis, en Wallonie, protègent ceux qui ne travaillent pas ».
Rudy Aernoudt, c’est ce monsieur, compère de Jean-Marie De Decker (chef absolu de la liste du même nom, la LDD, qui, selon les sondages, fait un tabac en Flandre), qui s’est installé à Lustin et qui, des bords de Meuse, a annoncé qu’il se présenterait aux élections de juin prochain pour venir sauver la Wallonie de tous les maux qui l’accablent.
Qu’il ne se presse pas : il est fort possible que l’on ait besoin de ses précieux services là d’où il vient. On ne voudrait pas priver nos amis flamands d’une pareille compétence, d’un pareil preux chevalier hardiment lancé à l’offensive contre les chômeurs, ces paresseux qui déshonorent l’essor triomphant de la richesse économique flamande.
D’autant plus que, ces jours derniers, c’est une des institutions financières des plus prestigieuses qui est venue quémander la bagatelle de 3,5 milliards d’euros auprès de l’Etat belge : la KBC, cette banque qui se revendique fièrement de la nationalité flamande.
Désastreux pour l’image de marque, quand même. D’autant plus que les Aernoudt et De Decker n’ont pas assez de sarcasmes ni de propos pas très aimables à l’égard des institutions étatiques et de leurs fonctionnaires.
Faudra quand même bien qu’il y en ait, des fonctionnaires pour traiter le dossier KBC dont on nous dit, ce lundi 27 octobre, qu’il est sur de bonnes voies – quelle que soit, d’ailleurs, la forme qui sera donnée à ce coup de pouce généreux supplémentaire donné par les pouvoirs publics aux banques secouées par la tempête financière.
Pour en revenir aux chômeurs wallons paresseux, nous invitons respectueusement Rudy Aernoudt et toutes celles et tous ceux qui n’ont eu de cesse, depuis des décennies, de culpabiliser les Wallonnes et les Wallons pour les difficultés qu’ils tentent de surmonter, nous les invitons donc à faire preuve, dorénavant, de plus de modestie.
Les femmes et les hommes qui sont victimes de bouleversements économiques n’ont pas demandé à se retrouver sans travail, qu’ils soient Wallons, Flamands, Bruxellois, Italiens, Japonais ou citoyens des Etats-Unis d’Amérique. Ils ne font jamais que subir des décisions et des agissements sur lesquels ils n’ont aucune prise.
Ce fut le cas pour les fermetures de charbonnages, pour la douloureuse restructuration de la sidérurgie, ces plaies que la Wallonie a dû panser avant de se donner les moyens de remonter le courant, comme elle est occupée à le faire.
Les conséquences en profondeur du crash financier que nous connaissons aujourd’hui frappent les travailleurs flamands plus rapidement que d’autres, non parce qu’ils sont, tout à coup, devenus paresseux mais parce que la spéculation boursière s’est cassée la figure, entraînant le désastre auquel nous vivons et qui rejaillit, notamment, sur l’industrie automobile, un des principaux moteurs économiques de la richesse flamande.
Nous savons que la récession qu’entraîne la débâcle boursière risque fort de causer des dommages importants en Wallonie également, à plus ou moins brève échéance. Raison de plus pour témoigner notre sympathie et notre solidarité à l’égard de ces familles qui, en Flandre, vivent aujourd’hui dans l’inquiétude, le désarroi, la peur du lendemain. Pour des fautes commises par d’autres, dans les casinos de la spéculation.
« Vivre en Wallonie » ASBL

