Langues régionales : une pétition pour leur enseignement
Envoi N° 183 du 12-11-2008
L’Union Culturelle Wallonne vient de lancer une pétition intitulée en ces termes :
Reprécisons ce que « Vivre en Wallonie » a déjà donné, dans un passé récent, comme estimation de l’Union Culturelle Wallonne. Pour ce qui nous concerne, cette association devrait figurer parmi les institutions officielles de la Région Wallonne et bénéficier de la même reconnaissance et du même soutien que d’autres organismes ciblés sur les secteurs économiques et sociaux.
On nous rétorquera que la culture ne figure pas parmi les compétences de la Région Wallonne. A cela nous répondrons en 2 points :
- fondamentalement, cette exclusion culturelle des compétences attribuées à la Région Wallonne constitue une atteinte grave aux droits du peuple wallon à disposer de lui-même. La « Communauté française », à laquelle « on » a attribué les compétences de la culture et de l’enseignement, est une invention alliant le ridicule, l’absurdité et l’inefficacité en un magma informe préjudiciable au développement de la Région bruxelloise et de la Région wallonne
- Elle devrait disparaître au plus tôt. Sinon, ne commettons pas l’hypocrisie de feindre de nous réjouir d’ « avancées » dans la prise en main par les Wallonnes et Wallons de leur avenir. Si la culture et l’enseignement ne figurent pas parmi les domaines sur lesquels un peuple a la maîtrise, ce peuple est bancal, aveugle et sourd.
- Si nous voulons quand même, contraints et forcés, nous plier à l’abracadabrante légalité institutionnelle nous soumettant à une « Communauté française » totalement incompréhensible et … incomprise pour 90% de la population (et nous sommes gentils…) nous nous rabattons sur un aspect légaliste : le patrimoine est devenu, lui, une des compétences de la Région Wallonne. Or, s’il est un « patrimoine vivant », c’est bien celui de la langue.
Les beaux esprits, orientés davantage sur Paris (Bruxelles n’étant qu’un relais toléré) que sur Namur, pontifieront en décrétant que ces langues régionales sont celles de nos ancêtres. Et, par conséquent, à ranger dans le grenier des souvenirs, gentiment cités avec un brin d’émotion sirupeuse, dans des réceptions bon chic bon genre.
L’auteur de ces lignes n’est pas tout jeune, c’est un fait. Mais il n’est pas encore tout à fait croulant et se réjouit chaque jour de ce que, partout où il se présente et où il parle la langue wallonne, avec un maximum de rigueur linguistique, l’accueil qui lui est réservé est chaleureux.
Certes, il faut, parfois, en certains endroits, préciser la signification d’un terme, d’une expression – et l’on sait que les expressions wallonnes, les « ratournûres », renferment et exhalent un fumet inimitable. Si les langues wallonnes carolo, namuroise et brabançonne sont fort proches, il est bien évident que lorsque l’on aborde la région du Centre, à cheval sur le picard et le wallon, la compréhension immédiate est sujette à quelques hésitations. Il en va de même en région liégeoise et en Picardie boraine et tournaisienne Mais, après quelques dizaines de minutes de dialogue, ce phénomène disparaît. Au temps où le service militaire était obligatoire, les frontières entre les divers wallons, picard et gaumais étaient effacées après une soirée de virée.
Quant au nombre de « locuteurs » de ces langues régionales de chez nous, il n’a rien à envier à celui de nations figurant comme Etats souverains dans l’Europe des 27. Comparons, pour être brefs, au GD de Luxembourg, à l’Estonie, à Malte…. Et la Suisse considère comme langue nationale le romanche, dont le nombre de locuteurs ne dépasse certes pas celui de la communauté germanophone (70.000 personnes) dont la Wallonie n’a jamais cessé de protéger et de favoriser l’identité culturelle.
Avant d’aller plus loin dans notre présentation et notre volonté de propagation de la pétition à laquelle nous faisons allusion dans les premières lignes de cet article, nous voudrions revenir, avec insistance, sur des dérives de vocabulaire qui, parlant du wallon, du picard, du gaumais, les qualifient de « dialectes » ou, plus méprisant encore, de « patois ».
En ce domaine, l’Union Culturelle Wallonne a joué, ces dernières années, un rôle essentiel qui, hélas, n’est pas vraiment répercuté dans le monde politique ni dans les médias.
Le wallon, le picard, le gaumais ne sont pas des déviances dialectales du français. Ce sont des langues avec leur vocabulaire, leur grammaire et leur syntaxe propres. Et, aussi, et surtout, leur propre mode de pensée, leur ancrage ancestral dans un art de vivre particulier.
Ce n’est pas un simple aspect de sémantique, ni un sujet d’ergotage sur la signification d’un terme. Nos langues régionales ont moins bien réussi que le « françois » de l’Ile de France, pour des raisons historiques. Elles ont, cependant, survécu aux diverses opérations d’ « épuration linguistique » dont elles n’ont cessé de faire l’objet. Et l’auteur de ces lignes peut témoigner de la férocité avec laquelle la politique d’éradication du wallon fut menée depuis plus d’un demi-siècle. Punitions scolaires, réprimandes publiques et raclées familiales à l’appui, comme « arguments » péremptoires.
Vous l’avez compris, amies lectrices, amis lecteurs, nous soutenons, à 200% l’initiative de l’Union Culturelle Wallonne et nous invitons chacune et chacun à apporter son soutien, par une simple signature ou par un message, à la pétition en faveur d’un enseignement de nos langues régionales, de façon officielle.
Dans une prochaine « Réflexion », nous tenterons d’affiner notre propos. Et nous citerons quelques lignes glanées au fil des dernières semaines, qui montrent que nous ne sommes pas seuls à vouloir défendre la richesse patrimoniale de nos langues régionales.
Gaumais, luxembourgeois, picard, wallon : notre patrimoine
Une pétition pour leur enseignement
Une pétition pour leur enseignement
L’Union Culturelle Wallonne vient de lancer une pétition intitulée en ces termes :
| « Pétition 2008-2009 en faveur de l’enseignement de nos langues régionales de Wallonie dans les écoles maternelles et primaires en Communauté française » |
Reprécisons ce que « Vivre en Wallonie » a déjà donné, dans un passé récent, comme estimation de l’Union Culturelle Wallonne. Pour ce qui nous concerne, cette association devrait figurer parmi les institutions officielles de la Région Wallonne et bénéficier de la même reconnaissance et du même soutien que d’autres organismes ciblés sur les secteurs économiques et sociaux.
On nous rétorquera que la culture ne figure pas parmi les compétences de la Région Wallonne. A cela nous répondrons en 2 points :
- fondamentalement, cette exclusion culturelle des compétences attribuées à la Région Wallonne constitue une atteinte grave aux droits du peuple wallon à disposer de lui-même. La « Communauté française », à laquelle « on » a attribué les compétences de la culture et de l’enseignement, est une invention alliant le ridicule, l’absurdité et l’inefficacité en un magma informe préjudiciable au développement de la Région bruxelloise et de la Région wallonne
- Elle devrait disparaître au plus tôt. Sinon, ne commettons pas l’hypocrisie de feindre de nous réjouir d’ « avancées » dans la prise en main par les Wallonnes et Wallons de leur avenir. Si la culture et l’enseignement ne figurent pas parmi les domaines sur lesquels un peuple a la maîtrise, ce peuple est bancal, aveugle et sourd.
- Si nous voulons quand même, contraints et forcés, nous plier à l’abracadabrante légalité institutionnelle nous soumettant à une « Communauté française » totalement incompréhensible et … incomprise pour 90% de la population (et nous sommes gentils…) nous nous rabattons sur un aspect légaliste : le patrimoine est devenu, lui, une des compétences de la Région Wallonne. Or, s’il est un « patrimoine vivant », c’est bien celui de la langue.
Les beaux esprits, orientés davantage sur Paris (Bruxelles n’étant qu’un relais toléré) que sur Namur, pontifieront en décrétant que ces langues régionales sont celles de nos ancêtres. Et, par conséquent, à ranger dans le grenier des souvenirs, gentiment cités avec un brin d’émotion sirupeuse, dans des réceptions bon chic bon genre.
L’auteur de ces lignes n’est pas tout jeune, c’est un fait. Mais il n’est pas encore tout à fait croulant et se réjouit chaque jour de ce que, partout où il se présente et où il parle la langue wallonne, avec un maximum de rigueur linguistique, l’accueil qui lui est réservé est chaleureux.
Certes, il faut, parfois, en certains endroits, préciser la signification d’un terme, d’une expression – et l’on sait que les expressions wallonnes, les « ratournûres », renferment et exhalent un fumet inimitable. Si les langues wallonnes carolo, namuroise et brabançonne sont fort proches, il est bien évident que lorsque l’on aborde la région du Centre, à cheval sur le picard et le wallon, la compréhension immédiate est sujette à quelques hésitations. Il en va de même en région liégeoise et en Picardie boraine et tournaisienne Mais, après quelques dizaines de minutes de dialogue, ce phénomène disparaît. Au temps où le service militaire était obligatoire, les frontières entre les divers wallons, picard et gaumais étaient effacées après une soirée de virée.
Quant au nombre de « locuteurs » de ces langues régionales de chez nous, il n’a rien à envier à celui de nations figurant comme Etats souverains dans l’Europe des 27. Comparons, pour être brefs, au GD de Luxembourg, à l’Estonie, à Malte…. Et la Suisse considère comme langue nationale le romanche, dont le nombre de locuteurs ne dépasse certes pas celui de la communauté germanophone (70.000 personnes) dont la Wallonie n’a jamais cessé de protéger et de favoriser l’identité culturelle.
Avant d’aller plus loin dans notre présentation et notre volonté de propagation de la pétition à laquelle nous faisons allusion dans les premières lignes de cet article, nous voudrions revenir, avec insistance, sur des dérives de vocabulaire qui, parlant du wallon, du picard, du gaumais, les qualifient de « dialectes » ou, plus méprisant encore, de « patois ».
En ce domaine, l’Union Culturelle Wallonne a joué, ces dernières années, un rôle essentiel qui, hélas, n’est pas vraiment répercuté dans le monde politique ni dans les médias.
Le wallon, le picard, le gaumais ne sont pas des déviances dialectales du français. Ce sont des langues avec leur vocabulaire, leur grammaire et leur syntaxe propres. Et, aussi, et surtout, leur propre mode de pensée, leur ancrage ancestral dans un art de vivre particulier.
Ce n’est pas un simple aspect de sémantique, ni un sujet d’ergotage sur la signification d’un terme. Nos langues régionales ont moins bien réussi que le « françois » de l’Ile de France, pour des raisons historiques. Elles ont, cependant, survécu aux diverses opérations d’ « épuration linguistique » dont elles n’ont cessé de faire l’objet. Et l’auteur de ces lignes peut témoigner de la férocité avec laquelle la politique d’éradication du wallon fut menée depuis plus d’un demi-siècle. Punitions scolaires, réprimandes publiques et raclées familiales à l’appui, comme « arguments » péremptoires.
Vous l’avez compris, amies lectrices, amis lecteurs, nous soutenons, à 200% l’initiative de l’Union Culturelle Wallonne et nous invitons chacune et chacun à apporter son soutien, par une simple signature ou par un message, à la pétition en faveur d’un enseignement de nos langues régionales, de façon officielle.
Dans une prochaine « Réflexion », nous tenterons d’affiner notre propos. Et nous citerons quelques lignes glanées au fil des dernières semaines, qui montrent que nous ne sommes pas seuls à vouloir défendre la richesse patrimoniale de nos langues régionales.
« Vivre en Wallonie » ASBL
Coordonnées de l’Union Culturelle Wallonne (UCW)
et du périodique « COCORICO – magazine du bilinguisme wallon » :
Rue général de Gaulle, 71 – 4020 – Liège
Tél. 04/342.69.97
e.mail : ucw@skynet.be
et du périodique « COCORICO – magazine du bilinguisme wallon » :
Rue général de Gaulle, 71 – 4020 – Liège
Tél. 04/342.69.97
e.mail : ucw@skynet.be

