Faisons circuler et signer la pétition de l'UCW

Envoi N° 184 du 20/11/2008

A faire circuler le plus largement possible. Merci.

Langues régionales :


Faisons circuler et signer la pétition de l’UCW
Nos langues régionales font partie intégrante de notre patrimoine culturel, que nous nous devons de préserver et de transmettre aux générations futures.

Or, aujourd’hui, comme elles sont rarement transmises par voie familiale, l’école s’affirme donc comme un des lieux privilégiés de la transmission de ce savoir... C’est donc à elle qu’incombe la charge d’en assurer la sauvegarde en enseignant leur pratique aux jeunes générations afin qu’elle ne se perde pas au fil des ans Notre enseignement est communautarisé, point n’est donc besoin du feu vert de nos voisins du Nord pour passer à l’acte.

Soutenue par l’Union Culturelle Wallonne, la population de Wallonie et de Bruxelles comprendrait très mal que le pouvoir politique responsable et les pouvoirs organisateurs se dégagent de leurs responsabilités en la matière.Ce n’est pas demain qu’il nous faut une réponse… c’est maintenant ! Et pas une simple promesse !

Les soussignés réclament des ministres et des autorités responsables de l’enseignement en Communauté française qu’ils intègrent et organisent des cours de langues régionales de Wallonie dans le cadre des programmes scolaires imposés.

Ce texte figure en tête du formulaire de pétition que l’Union Culturelle Wallonne propose à la signature des personnes pour qui la défense de nos langues régionales constitue un acte de protection et de mise en valeur de nos richesses patrimoniales.

Pour être plus précis, disons que le souhait de l’UCW serait de voir s’instituer 2 heures par semaine d’enseignement de ces langues qui, têtues, sont parvenues, jusqu’ici, à survivre malgré la féroce répression culturelle dont elles n’ont cessé d’être victimes.

Rappelons que, en Wallonie, l’appellation « langues régionales » s’applique, en ordre principal, à 2 grandes familles de langues romanes, le picard et le wallon, toutes deux comportant plusieurs variantes. Deux autres langues régionales romanes sont le gaumais, apparenté au lorrain, fort vivant encore dans la région de Florenville- Virton, et le champenois, confiné sur le territoire de quelques villages frontaliers autour de Sugny. Enfin, la « langue du pays d’Arlon », d’origine germanique, en fait le luxembourgeois, concerne environ 70.000 personnes à la frontière du Grand Duché.

A l’heure où les valeurs écologistes  triomphent partout sur la surface du globe, avec, notamment, la sauvegarde de la diversité des richesses naturelles, il nous paraît d’une parfaite logique de prôner également la diversité dans le domaine culturel, en opposition à une standardisation linguistique appauvrissante, aboutissant, en fin de compte, à la domination absolue de quelques langues conquérantes amenant, dans leur sillage, l’éradication du prodigieux réservoir de créativité humaine que représentent les cultures des peuples.

Nous ne nous faisons aucune illusion : la pétition de l’UCW a bien peu de chance d’émouvoir le monde politique. D’autant plus que la Wallonie est privée, du fait du montage institutionnel complètement tordu du « fédéralisme à la belge », de tout pouvoir concernant la culture et l’enseignement, au profit d’une Communauté française fort peu intéressée par la mise en valeur d’une culture wallonne, niée d’ailleurs par certains grands esprits.

Il faut, d’autant plus, apporter un soutien massif à l’initiative de l’UCW. C’est une occasion de démontrer que des milliers de Wallonnes et de Wallons tiennent à conserver leur identité, leur art de vivre, leur mode de pensée.C’est avec un énorme plaisir que, début août, nous avons découvert, dans un document  intitulé « L’intérêt des Wallons », signé par Joseph Henrotte, ancien directeur au CESRW, ancien responsable du service d’études de la CCMB, le paragraphe suivant :

« Enfin, pour améliorer l’image que les Wallons ont d’eux-mêmes et démontrer leur aptitude au bilinguisme, je souhaiterais que le nouvel Etat entreprenne une action spectaculaire et à long terme en faveur de la langue wallonne. On était déjà allé très loin, au début du XXème siècle dans la fixation de la grammaire et de l’orthographe wallonnes et depuis cette époque il y a eu en permanence des écrivains, des linguistes, des comédiens et même des humoristes wallons pour entretenir la flamme. Certes, il ne s’agit pas de remplacer le français, auquel, désormais, au prix de durs efforts, tous les Wallons sont attachés, mais de permettre au grand nombre de se refamiliariser avec la langue maternelle de ses aïeux. Ces dernières années ont montré un regain sensible de l’intérêt pour le wallon. Il serait utile de le valoriser ».

Ces propos font partie d’un texte dans lequel Joseph Henrotte trace un remarquable historique de l’évolution de la question nationale en Belgique et émet des propositions de réforme en profondeur des institutions. En intégrant à cette vision globale un plaidoyer pour la remise en honneur du wallon, il a précédé le lancement de la pétition de l’UCW. C’est réconfortant.

« Vivre en Wallonie » ASBL