* Non, J.C. Marcourt n'est pas "isolé"
Envoi N° 247 du 26/01/2012
Non, J.C. Marcourt n’est pas « isolé »

C’est « Le Soir » qui l’écrit. En pages 2 et 3 de son édition de ce mercredi, il titre : "Régionaliser l’école : Marcourt est isolé ".
Voilà un constat bien catégorique. Certes, dans tous les partis, y compris dans celui de l’intéressé, des voix se sont élevées, « atterrées », « en colère », « inquiètes », que sais-je encore.
C’est que le Ministre wallon de l’Economie a drôlement bousculé le « politiquement correct », en même temps qu’il annonçait, sans le moindre complexe, sa participation à des groupes de réflexions sur l’avenir de la Wallonie.
Un remue-ménage spectaculaire avait déjà été la manifestation d’un grand émoi après l’interview parue dans «La LibreBelgique » du samedi 14 janvier. On y apprenait que ce que l’on appela aussitôt « Plan W » faisait l’objet des travaux de ces groupes. Un « plan W » qui, en raccourci, apparaissait comme l’amorce d’une vision radicalement autonomiste de la Wallonie.
Et, dans la foulée, Jean-Claude Marcourt disait sa conviction qu’il fallait « déconstruire » la Communauté française (ou Fédération Wallonie-Bruxelles, au choix)- et la « reconstruire » ajoutait-il immédiatement.
Alors là, c’était trop.
Et ce fut l’explosion de l’indignation de ces messieurs-dames devant pareil sacrilège. On n’y alla pas avec le dos de la cuiller et l’honnêteté intellectuelle ne fut pas la qualité essentielle des vociférations.
On remit à l’honneur tous les poncifs agités depuis des années contre qui met en doute l’excellence du paysage institutionnel de cette « Belgique, oh, oh mère chérie ». D’autant plus qu’il avait fallu tellement de mois de négociations pour bricoler la 6ème réforme de l’Etat !
Deux accusations ont recommencé à fournir la trame des discours vengeurs : la volonté d’un « repli wallon » et celle d’une « rupture de la solidarité avec Bruxelles ».
Pas question de s’étonner : il suffit de suggérer, timidement, que la Wallonie devrait prendre en main son destin pour que soient brandis ces motifs d’excommunication.
Nous avons, dans nos rubriques, combattu à de multiples reprises la mauvaise foi qui caractérise pareils « arguments ».
En quoi l’ambition de donner aux Wallonnes et Wallons la maîtrise de leur destinée peut-elle s’assimiler à un « repli frileux » ? N’est-ce pas, au contraire, la seule attitude permettant à la Wallonie de s’affirmer sur la scène internationale, en toute dignité ?
Quant aux relations privilégiées avec Bruxelles, nécessitent-elles l’existence d’une structure boiteuse, totalement artificielle et incomprise par l’immense majorité de la population ? Des accords solides entre 2 Régions respectueuses l’une de l’autre, conscientes des liens historiques et sociologiques qui les rapprochent, ne rempliraient-ils pas cette fonction à la satisfaction générale ?
N’est-il pas quelque peu humiliant pour les Bruxellois d’être considérés comme dépendants du « soutien » wallon ? Lequel, d’ailleurs, n’a jamais fait défaut et ne risque pas de l’être – pas un mot de Jean-Claude Marcourt ne va dans ce sens ?
L’affaire s’était tassée dans les jours qui suivirent. Un cessez le feu avait-il été conclu, en coulisses, pour apaiser les esprits ?
Que nenni ! Jean-Claude Marcourt n’avait nullement été muselé. Et, le mardi 24 janvier, dans Le Soir, cette fois, il remettait ça, mais en plus costaud encore : il précisa, tout net, que l’enseignement devait être régionalisé car il est « un élément fondamental » de développement de la société en Wallonie !
Alors, là, mes aïeux ! Le charivari de protestations atteignit des sommets. Ce qui, comme nous l’écrivions au début cet article, fut considéré par la rédaction du « Soir » comme une preuve d’isolement du ministre téméraire.
Nous ne pensons pas que Jean-Claude Marcourt fut perturbé le moins du monde par un sentiment d’isolement. N’a-t’il pas eu ces paroles de sagesse, dans le cours de l’interview : « J’ai une vraie conviction de l’urgence, une vision de l’avenir de ma région, j’en suis dépositaire et responsable. Et puis,si on limite le débat aux partis, on l’émasculera forcément ». Et vlan !
De toute manière il sait fort bien que ses propos, sa prise de position courageuse, on été accueillis avec enthousiasme par tout ce que compte la Région comme partisans de l’émergence d’une Wallonie affirmant sa fierté, sa dignité, son droit à être reconnue comme telle et non comme vouée à la tutelle de quiconque.
En ces moments, nous avons été frappés par une évidence : Jean-Claude Marcourt a répondu aux attentes, aux espoirs et aux désirs exprimés voici plus d’un an, le 22 novembre 2010, à Charleroi, lors de l’Assemblée wallonne mise sur pied par le Mouvement du Manifeste Wallon (MMW).
Nous nous ferons un plaisir, dans une prochaine « Réflexion » de rafraîchir les souvenirs à ce propos et de les mettre en regard du « projet wallon » à l’élaboration duquel travaillent Jean-Claude Marcourt, ses amis et des personnalités diverses, dans ce groupe de réflexion dont il annonce la création « au premier semestre 2012 ».
Pour tout de suite, en somme.
Vivre en Wallonie ASBL
* Le wallon à l'école : Martine Aubry fera-t-elle des émules en Wallonie ?
Envoi N° 246 du 08/12/2011
Le wallon à l’école
Martine Aubry fera-t-elle des émules en Wallonie ?
Bon nombre de nos lectrices et lecteurs connaissent, sans doute, la revue trimestrielle de l’Union Culturelle Wallonne : Cocorico. Pour qui l’ignorerait, précisons donc qu’elle se qualifie, sans la moindre équivoque :« Magazine du bilinguisme wallon ».
Son numéro d’automne vient de paraître. L’éditorial est dû à un ardent partisan de la remise en honneur des langues régionales (gaumais, picard, wallon) par le biais de l’enseignement scolaire : Marcel Slangen.
Aussi ne doit-on pas s’étonner s’il base son éditorial sur la rentrée des cours de langue et de littérature wallonne de la ville de Liège. C’est d’ailleurs lui qui a prononcé le discours de rentrée, repris dans Cocorico sous le titre « Le wallon a repris le chemin de l’école »
Nous avons lu le texte de sa conférence avec un intérêt et un plaisir croissants. Le thème en était la nécessite de « penser wallon » pour le parler et l’écrire correctement. Avec la verve qu’on lui connaît, se servant d’exemples pris sur le vif, Marcel Slangen expose, en fait, la richesse insoupçonnée d’une langue possédant sa propre grammaire, même si les subtilités de celle-ci sont émises par ses locuteurs sans qu’ils le sachent, la plupart du temps.
Le passage sur l’emploi tout à fait usuel du subjonctif imparfait nous a fait revivre certaines scènes vécues sur des chantiers de construction et dans des exploitations agricoles de l’Entre-Sambre et Meuse. Ouvriers, patrons, cinsîs, bûcherons, cabaretiers jonglaient avec les conjugaisons wallonnes avec d’autant plus de sûreté et de naturel qu’ils les avaient apprises, par voie orale, de parents et grand parents ne montrant guère de dispositions pour comprendre la concordance des temps en français et ignorant bien évidemment qu’ils utilisaient une forme verbale d’une remarquable subtilité linguistique.
Nous nous ferons un plaisir de revenir prochainement sur ce texte chaleureux et plein de bon sens.
L’objet de notre billet porte, en effet, aujourd’hui, plus particulièrement sur les conclusions de l’éditorial de Marcel Slangen. Citons :
« Des décrets de la communauté française autorisent depuis longtemps l’introduction du wallon à l’école, mais aucun arrêté d’exécution n’a jamais vu le jour. Quelques députés, aujourd’hui, semblent y croire et comme c’est seulement d’une décision politique que peut se réaliser le projet d’enseignement du wallon à l’école, nous sommes prêts à les soutenir ».
Et oui, il suffirait d’un peu de bonne volonté politique….
Et cela tombe bien….car chez nos voisins français, une dirigeante éminente du parti socialiste a osé, au cours des « primaires » de ce parti pour la désignation de son candidat aux élections présidentielles, émettre une proposition étonnante :
Trouvé sur le site : www.ouest-france.fr
Langue bretonne : Martine Aubry au créneau

La candidate à la primaire du PS propose un enseignement obligatoire du breton, sauf si les parents expriment clairement leur désaccord.
Martine Aubry, dans la semaine qui précède le premier tour de la primaire du PS, s'exprime clairement en faveur de l'enseignement du breton. Elle préconise même, là où une langue régionale est pratiquée, son enseignement presque obligatoire sous la forme d'un apprentissage français/langue régionale. La proposition de Martine Aubry est précise : cet enseignement sera la règle « sauf désaccord express des familles ».
Pour la maire de Lille, ce renforcement de l'identité régionale ne peut que renforcer la République. Et l'enjeu n'est pas seulement culturel. « Il est devenu évident qu'on défend mieux la République française quand on la vit dans son territoire, avec sa culture. Et c'est parce que je défends avec ardeur l'idéal républicain que je défends la diversité culturelle de la France et des Français », poursuit Martine Aubry, qui rejette vertement l'idée selon laquelle le développement des langues régionales viendrait fissurer l'unité nationale. C'est même, pour elle, tout le contraire. « L'unité de la France doit-elle passer par l'uniformité ? », demande-t-elle.
Une nouvelle compétence régionale
Voilà pour l'objectif. Quant aux moyens, Martine Aubry fait une proposition. Jugeant qu'il reste sans doute illusoire de laisser à l'État l'apprentissage des langues régionales, elle propose d'en faire une compétence nouvelle des Régions. Avec la suite logique : « Bien évidemment, les décisions des recteurs d'académie devront s'articuler avec cette politique régionale ».
Les propositions de Martine Aubry s'inscrivent dans une volonté forte de décentralisation. Et si elle s'installe à l'Élysée en 2012, elle promet de nouvelles avancées pour donner plus de poids aux Régions.
À moins d'une semaine du premier tour de la primaire socialiste, la prise de position de Martine Aubry ne manque pas, non plus, de calcul politique. Elle s'adresse en particulier aux électeurs bretons dans une région ou François Hollande, le favori des sondages, peut s'appuyer sur le soutien de pas mal d'élus du Parti socialiste. Ce n'est pas d'ailleurs le seul dossier « régional » à faire irruption dans les primaires du PS. Hier, après Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, autre candidat à la candidature socialiste, a réclamé que le dossier du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, soit à nouveau étudié, et même « depuis le début ».
Didier GOURIN.
Bon, d’accord que Martine Aubry voulait gagner des sensibilités bretonnes dans sa course à l’investiture.
Mais, précisément, cela signifie que cette prise de position était jugée porteuse par la grande dame de Lille !
Cela ne vous donne pas des idées, ami Marcel Slangen ?
"Vivre en Wallonie" ASBL
* L'avenir wallon s'écrit (aussi) à Sambreville
Envoi N° 245 du 05/10/2011
L’avenir wallon s’écrit (aussi) à Sambreville
Il fut un temps, pas bien lointain, où il était de bon ton de se gausser de la Wallonie. Bien que des signes indiscutables de redressement économique soient apparus, il semblait que, pour certains, l’image d’une région sinistrée, en pleine agonie, devait se perpétuer jusqu’à la fin des siècles.
Lorsque le Gouvernement wallon de l’époque mit au point et fit connaître son « Contrat d’avenir pour la Wallonie », on en fit des gorges chaudes dans les rédactions de certains quotidiens. Le « plan Marshall », qui précisait et budgétisait les axes d’action du « Contrat », reçut un accueil à peine plus poli, malgré l’effort financier énorme qu’il représentait pour les contribuables wallons.
De premiers résultats significatifs ne tardèrent pas cependant à s’accumuler, amplifiés, ensuite, par le « plan Marshall 2 vert ». Plus aucun doute n’était permis, désormais. Les pôles de compétitivité étaient des réussites, mettant en commun les potentialités du monde industriel, des universités, le tout épaulé efficacement par les pouvoirs publics
Aujourd’hui, le « rebond » de l’économie wallonne est une réalité. Tous les indicateurs sont au vert. Il ne reste plus guère que quelques esprits grincheux et de mauvaise foi pour encore voir en la Wallonie un pays à la dérive et pour continuer à nier ses succès.
L’aspect le plus édifiant de ce renouveau est sans doute l’implantation successive en territoire wallon de centres de recherches prestigieux par des multinationales d’importance mondiale, ainsi que d’infrastructures logistiques destinées à rayonner sur le continent européen.
Dans le même temps, le Gouvernement wallon a mis sur pied d’autres instruments, nettement moins spectaculaires, dont le but est de favoriser une participation active et créatrice, en profondeur, des forces vives sur le plan local. Il concrétisait de la sorte la volonté martelée à maintes reprises par les décideurs politiques de faire de chaque citoyen un acteur de la renaissance en cours.
Les Agences de Développement Local : des outils de proximité
C’est dans ce cadre que se situent les Agences de Développement Local d’ores et déjà présentes à pied d’œuvre dans une cinquantaine d’entités communales wallonnes.
Ces ADL jouent le rôle de chefs de file de projets concernant une ou plusieurs entités dont le chiffre de population ne dépasse pas 40.000 habitants. On le voit, il s’agit véritablement d’outils de proximité chargés de susciter et d’épauler des initiatives du type PME et TPE. (Petites et Moyennes Entreprises- Très Petites Entreprises).
Pour décrire simplement les tâches des ADL, disons qu’elles doivent, en premier lieu, dresser l’inventaire des points forts et des faiblesses du territoire envisagé. Cela va des particularités géographiques jusqu’aux groupements et association locales, en passant par les moyens de communication, les disponibilités de main d’œuvre, les caractéristiques environnementales, les atouts touristiques et … les ressources financières éventuelles.
D’autre part, les ADL doivent avoir une vision complète de la panoplies d’aides européennes et régionales disponibles dans un cadre de développement durable – ainsi que des organismes à la porte desquelles il faut frapper pour en être bénéficiaires
Naturellement, les ADL sont en étroite liaison avec le pouvoir communal et apportent leur concours à l’élaboration de plans communaux de développement auxquels se référeront les auteurs de projets.
Afin d’illustrer l’efficacité de ces outils de développement, nous nous pencherons sur une ADL active dans un coin de Wallonie particulièrement massacré par les mutations industrielles qui marquèrent la seconde moitié du siècle dernier : la Basse-Sambre et, plus précisément, l’entité communale de Sambreville.
Un événement déclencheur fut la création, sur le territoire d’Auvelais, de l’entreprise NANOCYL, il y a 9 ans de cela.
Nanocyl : une démonstration éclatante d’audace triomphante

Destin prodigieux que celui de NANOCYL, solidement ancrée dans le créneau en pleine expansion de « l’infiniment petit » - comme son nom l’indique. Le produit développé et commercialisé par NANOCYL est constitué par des nanotubes de carbone. Lesquels sont utilisés notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale, dans l’industrie électronique ainsi que dans des applications chirurgicales.
Les nanotubes de carbone se caractérisent par leur résistance (100 fois plus que l’acier) et leur légèreté (2 fois moins que l’aluminium). Leur champ d’application ne cesse de s’élargir. Aujourd’hui, l’entreprise auvelaisienne a évolué jusqu’à devenir une petite multinationale. Elle figure parmi les 3 principaux acteurs internationaux dans ce secteur extrêmement pointu et ambitionne d’en devenir le numéro 1 mondial.
Elle est née sur la base de recherches menées dans les laboratoires des universités de Namur et de Liège. La petite « spin off » occupait 5 chercheurs, à ses débuts. Elle est passée à une échelle industrielle avec la construction d’une unité de production à Sambreville en 2008 et emploie à présent 45 travailleurs.

La création d’un hall relais par le BEP dans le cadre du programme européen Urban a permis à Nanocyl de se localiser à Sambreville. Michel Falesse a eu, ce faisant, la confirmation de ce que « Tout territoire a un potentiel », formule qui constitue le credo fondamental des ADL.
C’est dans cet esprit que vit le jour l’Agence de développement de Sambreville. Michel Falesse fut détaché de l’administration communale pour la prendre en main, avec la collaboration d’un attaché, Laurent Warnon, en charge des relations avec les entreprises et de la communication.
Le dynamisme de ce duo, profondément ancré dans la vie de l’entité, n’a pas tardé à porter ses fruits.
Une deuxième vie pour des sites miniers

Ainsi, un espace industriel est d’ores et déjà prêt a accueillir un pôle de petites entreprises notamment spécialisées dans l’agroalimentaire.
Il s’agit d’un terrain ayant appartenu au charbonnage de Ste Eugénie, complètement rasé depuis pas mal d’années. Le cadre est bucolique : une vaste étendue herbeuse descend en pente douce vers deux étangs dont le pittoresque est agrémenté de quelques bouquets d’arbres. La possession de ces 2 pièces d’eau est le fruit d’un accord avec un propriétaire privé, les auteurs du projet global ayant à cœur de favoriser la beauté environnementale du site.

En bordure du terrain, sur 2 côtés, l’horizon est constitué d’un massif boisé grimpant à l’assaut d’un très ancien terril, lequel disparaît, de ce fait, sous un couvert dense de verdure. A l’extrême pointe, en plein ciel, la mignonne petite église du hameau de la Praîle, dresse son clocher comme une sentinelle veillant à la tranquillité des lieux.

Le succès de l’entreprise (dont le pouvoir subsidiant est le Service Public de Wallonie (SPW) et le pouvoir adjudicateur le Bureau Economique de la Province de Namur (BEP), est déjà au rendez-vous : sur 17 parcelles offertes aux investisseurs, 10 ont déjà trouvé acquéreurs !
Un autre site minier désaffecté est destiné, lui aussi, à remplir de nouvelles fonctions, celles de zone de développement. Il s’agit de terrains occupés jadis par le charbonnage de Bonne Espérance, à Moignelée. Situé en bord de Sambre, il dépend du Port Autonome de Namur. Il a désormais pour vocation de devenir un centre industriel de biotechnologie, basé sur l’exploitation forestière.
D’autres friches industrielles sont encore disponibles, dont un terrain appartenant à la Société St Gobain. Il faudra cependant attendre quelque temps, une dépollution des sols étant indispensable.
Précisons que l’ADL de Sambreville est gestionnaire journalière d’un bâtiment coquet, au nom bien ciblé, « Créasambre », accolé à l’une des entrées de l’actuelle entreprise verrière de St Gobain. Le propriétaire en est la Bureau Economique de la Province de Namur.

Créasambre abrite les locaux de l’ADL, ainsi que d’autres organismes. Sa fonction est résumée par les termes bien connus de « pépinière d’entreprises ». Les petites et très petites entreprises de Sambreville peuvent y disposer de bureaux à loyer modique, de salles de réunions et de conférences.
Des projets de ce genre, et d’autres à vocation touristique ou agricole, on peut en découvrir, sans aucun doute, aux 4 coins de la Wallonie. Mais il nous a semblé que le cas de Sambreville, étant donné un récent passé calamiteux, avait un caractère exemplatif.
Et nous serons toujours heureux de nous intéresser à des projets et réalisations administrant la preuve de la volonté de développement durable qui anime les responsables communaux et, de façon plus générale, l’ensemble des citoyennes et citoyens de Wallonie.
Adresse de contact :
ADL de Sambreville
Créasambre
Rue des Glaces nationales, 169
5060 Sambreville
Michel Falesse
0491/743.868
Laurent Warnon
0485/874.850
« Vivre en Wallonie » ASBL
* Communiqué du M.M.W.
Communiqué du M.M.W.
Beez (Namur), le 13 septembre 2011
Le Comité du Mouvement du Manifeste Wallon (MMW) s’est réuni à Namur ce mardi 13 septembre sous la présidence de Jean LOUVET.
I. Le Comité a suivi avec attention les négociations longues et complexes menées par M. DI RUPO
- Il constate que l’on y parle abondamment de la Flandre, de Bruxelles, de la périphérie bruxelloise, de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvoorde, matières hautement honorables ;
- il s’inquiète de ne voir discuter de l’avenir de la Wallonie et des Wallons qu’épisodiquement ;
- il rappelle avec force qu’un accord qui se ferait sur le dos de la Wallonie, géographiquement, économiquement, socialement ou politiquement, serait par définition un mauvais accord ;
- Il répète également ses prises de positions précédentes pour que la Wallonie devienne enfin seule compétente pour sa culture et son enseignement, condition déterminante pour qu’elle puisse s’assigner et mettre en œuvre, dans la durée, un projet de développement global.
- Il insiste sur le fait que la culture wallonne est intrinsèquement sociale, que ce n’est pas par hasard si ce sont les Wallons, notamment Joseph WAUTERS et Léon-Eli TROCLET, qui ont mis au point la sécurité sociale non seulement en Wallonie mais dans tout le Royaume ;
- Il réaffirme dès lors son attachement inébranlable au maintien pour tous de la même sécurité sociale ;
- Il souligne la patience du peuple wallon mais la patience n’est pas la résignation et il s’engage à être au premier rang d’une action de rejet de tout accord nocif pour la Wallonie.
II. Quant à l’abandon du poste de M. LETERME
- Il ne modifie rien quant à nos positions de fond ;
- il constitue une nouvelle preuve du mépris de dirigeants flamands pour la Belgique en général (dont il aggrave la situation sur le plan financier international), et pour les négociations en cours en particulier ;
- il nécessite plus que jamais l’union de tous les Wallons pour promouvoir leur avenir et celui de leurs enfants.
* Quand donc s'arrêtera l'acharnement thérapeutique ?
Envoi N° 244 du 14/09/2011
Quand donc s’arrêtera l’acharnement thérapeutique ?
Dans un précédent « billet » (400 jours pour rien ? Pas si sûr… – 18-07-11), nous écrivions que la longue période passée à la recherche désespérée d’un gouvernement fédéral avait eu des aspects positifs, à notre sens. Et, en particulier :
« - les Wallons commencent à s’éveiller à la notion d’identité wallonne, fort confuse et même niée dans le passé
- En corollaire, un mouvement d’opinion est en pleine croissance en Wallonie, qui se caractérise par l’acceptation tranquille d’une fracture de l’Etat Belgique et le sentiment que les Wallonnes et les Wallons sont fort capables d’en sortir sans la Flandre … et sans la Belgique. »
Les derniers jours nous ont singulièrement confortés dans cette appréciation.
Nous avons vu, en effet, des personnalités politiques sortir du bois pour s’engager dans la voie de la raison et recommander d’en finir avec le mauvais cinéma proposé depuis bientôt 500 jours à l’opinion publique.
Il y a eu, tout d’abord, l’interview de François Perin, paru dans Le Soir du 5 août sous le titre sans équivoque « Finissons-en ! ». Nous y avons fait allusion à l’époque.
Moins fracassant mais plus symptomatique sans doute, fut le passage du premier discours du nouveau président du CDH, Benoît Lutgen, sur le thème des problèmes institutionnels. Citons notamment :
« Notre destin n’est pas de vivre au rythme des désirs, des projets et des calendriers fixés unilatéralement par des populistes et des nationalistes.
Ensemble, Francophones et Germanophones, Wallons et Bruxellois, construisons un projet de fierté et de prospérité. C’est la meilleure réponse à ceux qui ne veulent plus de notre pays »
Certes, ces propos sont fort policés. Mais il faut les situer dans le chef du tout nouveau dirigeant d’un parti où une bonne partie des militants, affiliés et électeurs a toujours manifesté une farouche fidélité à l’image quasi mystique de la Belgique. Benoît Lutgen a pris, le dimanche 4 septembre dernier, à Namur, un sacré virage, faisant savoir haut et clair que, comme commente « Le Soir », il « ne fera pas forcément un drame » de l’échec éventuel des négociations en cours.
Il rejoint presque, de la sorte, l’opinion exprimée voici quelques mois par le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, lequel, avec le robuste et paisible bon sens qui le caractérise, disait, lui aussi qu’en cas de fracture du pays, il accepterait sans le moindre émoi cette situation, estimant que la Wallonie pourrait fort bien s’en tirer par ses propres moyens.
Cependant, le gros pavé dans la mare est venu du Hainaut occidental. Il a été asséné par Guy Spitaels qui, on s’en souvient, assuma des fonctions du plus haut niveau à la tête du parti socialiste et… du gouvernement wallon.
Le 10 septembre dernier, il a accordé au « Soir » une fort longue interview. C’est un document d’une extrême importance. Et il mériterait d’être analysé dans sa totalité. Lucide, cohérent, objectif, Guy Spitaels, dans sa retraite de sa bonne ville d’Ath, suit visiblement de très près les négociations en cours et son constat est catégorique :
« … je suis très rétif au discours » Cédez ceci ou cela, sinon cela sera la catastrophe. On va perdre 15% de notre bien-être. Mais non ! Ca va recommencer dans un an et demi. Vous achetez un armistice pour 18 mois : c’est non !
Et :
« Elio mesure-t-il bien ce que veut le peuple flamand ? Sa stratégie est-elle de gagner du temps ? Je ne l’accable pas, mais la clarté maintenant n’est-elle pas aveuglante sur l’évolution de l’opinion en Flandre ? Et dès lors le moment n’est-il pas venu de nous demander : que voulons-nous ? Il faudrait avoir peur de perdre 15% de richesse en cas de rupture ? Quel sens y a-t-il à proférer cette menace ? La question que nous devons nous poser reste politique : vers quoi allons-nous ? »
Mais le moment fort de l’entretien c’est cette phrase :
« Je ne m’investis plus depuis longtemps dans la Belgique. »
Et cette étonnante précision :
« Je vois bien tous les avantages matériels que nous en avons. Mais cela ne suffit pas. Il faut aimer son pays pour qu’il ait une existence. Les Américains chantent leur hymne national la main sur le cœur, les Français sont fiers à mourir de leur patrie. Mais nous ? J’ai essayé de servir la Belgique comme vice Premier. Mais y suis-je affectivement attaché ? Je ne cherche pas de subterfuge, ma réponse est non »
Nous aurons probablement l’occasion de revenir sur d’autres passages de cette interview. Notamment sur les vues que défend Guy Spitaels en ce qui concerne l’avenir de la Wallonie, étant bien entendu que, pour lui, la rupture est inévitable.
Mais nous voulons terminer ce billet en faisant un lien avec ce que pensent les gens. Nous nous contenterons de relater, à ce sujet, ce qui fut dit lors de l’émission « C’est vous qui le dites ! » produite sur la chaîne « Vivacité » de la RTBf, le lundi 12. Le thème proposé était, précisément : « Comme Guy Spitaels , vous êtes-vous désinvesti de la Belgique ».
Le résultat de cette mini enquête a donné un peu moins de 60% de personnes partageant cette opinion. Et encore : il fallut un afflux soudain d’intervenants d’origine étrangère en fin d’émission pour faire baisser un pourcentage dépassant allègrement, jusque là, les 60%. Ces personnes issues de l’émigration, disant leur reconnaissance à la Belgique pour l’accueil qu’elle leur avait réservé, ce qui est tout à leur honneur.
Mais ne pinaillons pas sur quelques pourcents de plus ou de moins. Il en ressort, de toute manière qu’une majorité de Wallons et de Bruxellois, au cours de cette émission, ont exprimé en toute clarté leur acceptation, et même leur souhait d’en finir avec la Belgique.
Certes, ce n’était là qu’une émission ne pouvant même pas être présentée comme un sondage.
Il n’empêche : voici quelques mois la même émission avait interrogé les auditeurs et auditrices sur le même sujet. A l’époque, une écrasante majorité s’était prononcée contre l’éventualité de la disparition de l’Etat Belgique !
L’opinion évolue donc à grands pas. Nous nous permettons, en toute humilité, de nous en réjouir.
« Vivre en Wallonie » ASBL

